V.

V.

ProposV. est un long poème épique et dramatique, datant de 1985, écrit en alexandrin par Tony Harrison, poète anglais.
Un poète vient se recueillir sur la tombe familiale et découvre que tout le cimetière a été tagué par des skins : Des hooligans, avec leurs habituelles croix gammées, noms des clubs de foot, injures contre les immigrés, insultes aux anciens métiers gravés sur les dalles… etc.

À partir de cette découverte où TOUT fait déjà métaphore « d’un monde » qui a sombré et du drame du nôtre qui s’écroule par-dessus, notre poète est pris d’une rumination folle, existentielle ET politique.
Il nous embarque alors dans une aventure où la poésie, menacée pourtant d’être mise à terre face au désastre social, sera seule capable de toucher au cœur de questions brûlantes.

Nous avons choisi choisi de porter V. à la scène parce qu’ici peut se dire l’obsession que cause la responsabilité pour l’autre, mais aussi parce qu’on y est vraiment invité à soutenir le Désir, avec un grand D., qui en est l’origine.

 

Origine du projet: par Jonathan Renier

La première  fois que j’ai lu ce poème de Tony Harrison, cela a été un coup de coeur et un coup de poing. 
L’épopée dramatique du poète, sa rumination, dans le cimetière de Leeds au bord de la tombe de ses parents était pour moi une métaphore de notre monde.

Il donne à la poésie son rôle politique. Il utilise le quatrain pour nous parler des relations entre les classes sociales, des enjeux du pouvoir, des bienséances, du racisme ou des indécences de la langue;  il dénonce un monde en perdition mais il sait le faire avec humour et ironie.

Ce qui rend aussi ce poème atypique, c’est sa manière dont il empoigne « les langages »: le langage poétique soutenu, le langage populaire aussi bien que le langage de la rue, avec ses « gros mots »; et de faire tenir tout cela dans le plus distingué des alexandrins.

Dès la première lecture, j’ai vu dans ce poème, littéraire, quelque chose d’une épopée dramatique, qui pouvait se porter à la scène; Mais comment faire ACTION dramatique de ce qui se présente d’abord à une sensibilité littéraire ?

C’est ce qui m’a amené à demander à Nicole Charpail, comédienne et metteuse en scène de la compagnie Miss Griff de m’aider dans cette aventure, celle de porter à la scène ce texte littéraire.

Nous avons voulu porter ce texte à la scène théâtrale, car la voie poétique s’y avère plus capable que tous les raisonnements d’approcher d’aussi près des questions brûlantes posées à notre « humanité ». Mais on pense parfois aujourd’hui qu’on ne peut plus agir sur la vie sociale et politique, et c’est impensable parce qu’abandonner le combat signifie qu’on oblige la jeunesse (entre autres) à mettre en œuvre des réactions violentes de destruction, sans espérance ni objectifs.

Nous pensons que cette écriture peut parler à un public très large. – Non pas seulement parce qu’on y « cause » en rimes et alexandrins y compris pour jurer et vociférer – mais parce qu’on met ici les pieds dans le drame contemporain de la « rupture », et qu’on questionne ce qui a pu conduire à l’impossible transmission (entre seulement deux générations) du minimum sur quoi tout être humain pourrait « logiquement » s’appuyer pour donner un sens à sa vie.

 

Notre équipe

mise en scène et direction d’acteur Nicole charpail
comédien Jonathan Renier
création lumière Pierre Court
photos Etienne Rabaut – Denis Rion
graphisme Boris Thomas

>>> dossier du spectacle V. 

prochaines dates du spectacle:
les 6 et 7 octobre 2022 à 20h30 aux Ateliers de Bitche – 3, rue de Bitche à Nantes
les 1er et 2 décembre 2022 à 20h30 au théâtre du papillon noir – 33, rue de Trouville à Caen

dates passées:
les 22 et 23 avril 2022 à 20H30, à La petite gaillarde – 9, rue Abbé Banier  à Clermont-Ferrand
du 17 au 19 mars 2022 à 20H30, au théâtre La Ruche – 8, rue Félibien à Nantes